La vie du cirque et de la scène va nous inspirer pendant toute notre recherche autour de ce texte sur l'errance et les rencontres des hommes et des mythes.Sur le plateau, la terre tourne et accompagne de sa rotation le voyage de Léo. Dans le sens des aiguilles d'une montre, un cadran solaire bien ludique jouera les trouble-fête et "ironisera" le temps qui passe.
Tout en trompant les techniques théâtrales, la lumière, telle une portée musicale, sans jamais cacher toute sa palette et toutes ses possibilités, nimbera l'action, l'isolera, la magnifiera, tel un rêve de fête.
L'action tant dans les airs que sur terre sera ponctuée par l'intervention de musiciens "voyageurs". Les costumes tout droit sortis d'un grenier d'enfance permettront les changements de rôles et les surprises diverses. Parce que le monde est un théâtre, l'univers de Grumberg est un conte toujours renouvelé et pourtant si intime.
La terre tourne et les sentiments la peuplent, alors que l'isolement habite notre cœur, l'auteur relance la question de l'échange et, à travers l'amour qui lie Léo le camelot et sa petite fille adoptée, c'est toutes les retrouvailles espérées qui vont illustrer de leur joie toutes ces péripéties.
Parce que la langue de Grumberg nous semble si simple et qu'il parle aux hommes de la façon la plus directe, le travail théâtral devra être sincère et sensible...et toujours inventif.
Comme un jeu d'enfant, comme une improvisation théâtrale, comme une chorégraphie toujours connue de nous, cette "petite musique des mots" que notre cœur devra laisser gambader, nous donne l'occasion d'un travail fait de fantaisie et de plaisir. L'occasion aussi de mélanger sur scène musiciens, comédiens,acrobates… ou tout à la fois comme souvent les artistes.
Christophe Lidon