La critique de Pariscope
Ça, c'est un titre ! Nager dans une piscine est difficile. Il faut se frayer un chemin dans les lignes, tenter de faire un mouvement de brasse sans se prendre un coup de coude ou de pied. On finit usé d'avoir eu à lutter pour juste faire un aller-retour tranquillement. L'homme n'est pas un poisson dans l'eau mais un requin. Vêtu d'un maillot de bain et d'un bonnet bleu, il arrive, ne désirant qu'une chose, nager, pour la forme, pour se détendre, pour oublier… Les raisons sont variées. Un homme, vêtu d'un maillot et d'un bonnet rouge, lui adresse la parole. C'est l'ancien, celui qui nage ici depuis longtemps. Il va devenir le pire cauchemar de l'autre. Car, derrière son discours doucereux se cache une déclaration de guerre, celle des bonnets rouges contre les bonnets bleus. Pour sa première pièce, Emmanuel Robert-Espalieu dresse un portrait très réussi et fort drôle de la bêtise des hommes. Il va assez loin dans son propos. Délirant sur un mode burlesque, il se sert de métaphores, de paraboles.
Christophe Lidon, brillant comme souvent, a mis en scène ce texte avec une inventivité qui nous fait plonger dans les eaux troubles des rapports humains. Sa scénographie, s'appuyant sur le décor de Sophie Jacob, les lumières de Marie- Hélène Pignon, les sons de Michel Winogradoff, la musique des Beach-Boys, est superbe. Il ne manque plus que l'odeur du chlore !
Pour jouer ce texte, il fallait deux orfèvres. Tom Novembre, dans le rôle du bonnet rouge, est parfait, jouant sur le registre du bon gars qui ne veut que du bien. Dans le rôle du bonnet bleu, Roland Marchisio, un comédien dont le talent ne cesse de nous réjouir, se promène dans les moindres détails de l'homme qui doute, s'étonne, se perd et se rebelle. Et s'il faut choisir un camp, je choisis le bonnet bleu !
Marie-Céline Nivière
Sur le site "culturesanscensure"
Il est assez difficile de relater cette pièce absurde entre histoires de couleur et de chlore.. Elle ne se décrit pas, elle se voit. Une pièce ovni en quelque sorte et son metteur en scène ne s’en cache pas.