Brillant
La sensualité et la poésie du roman de Baricco ne pouvaient trouver meilleur écho dans l'univers du metteur en scène Christophe Lidon, qui signe aussi l'adaptation avec Valérie Alane.
Avec trois belles mises en scène à l'affiche, Lidon entre dans la cour des grands.
Sa scénographie faite de panneaux de soie, oeuvre de Claude Lemaire, de lumières chatoyantes, conçues par Marie-Hélène Pinon, ressemble à ce tissu mythique sacralisé dans cette œuvre. La soie est un tissu noble, sensuel, agréable. Installés dans un fauteuil de velours, les sens en éveil, nous sommes enveloppés par la beauté des images et des mots. En 1861, les élevages de vers à soie sont contaminés. Hervé Joncour entreprend sa première expédition au Japon pour acheter en contrebande des œufs sains. Hervé Joncour raconte ses aventures. Se tisse alors la trame de sa vie avec choc des cultures, histoires d'amour, celle de l'ordre du rêve et celle de la réalité.
C'est aussi l'histoire du temps qui passe, filant patiemment la vie. « Soie » est la quête du soi d'un homme ; qui regarde sa vie comme un « spectacle léger ». La beauté de Samuel Labarthe sied à merveille à ce héros romanesque, mais aussi à Baldadiou, à Hara Kei. Il se dégage de son interprétation une belle lumière. Il rayonne de plaisir. Toutes les nuances passent par son phrasé et son regard. II a la faculté de nous faire voir, sentir tout ce qu'il nous raconte. Labarthe maîtrise son art et nous le fait partager.
Marie-Céline Nivière - Pariscope