OSCAR ET LA DAME ROSE
Molière 2003 de la Meilleure comédienne : Danielle Darrieux
C’est sans doute le plus autobiographique de mes textes. J’ai lu toute cette histoire dans des yeux que j’aimais. Et j’ai moi-même été Oscar, l’enfant à qui l’on ne parle plus parce que son état de santé fait peur, l’enfant qui souffre du silence de ses proches, du silence du ciel, des questions laissées sans réponses, mais qui demeure habité par la joie infinie de vivre.
Oscar et la dame rose est un hymne à la vie. Aussi courte soit-elle, une existence doit être pleine, savoureuse, occupée par des sentiments forts et essentiels, traversée d’humour, d’interrogations et de rires. C’est aussi un hymne à l’imagination, cette capacité d’enrichir le quotidien, cette force de salut.
Parce qu’Oscar et la dame rose est un hymne à la vie, je l’ai dédié à Danielle Darrieux. Pétillante, malicieuse, caustique, rosse, naturelle, loin de tout pathétique, gourmande, lumineuse, pudique, elle est pour moi l’incarnation de ce que je voulais dire. A la fois la dame rose, cette visiteuse extravagante, ancienne catcheuse, qui n’a peur de rien, ni des gros mots, ni des coups, ni des discussions, elle sera aussi l’enfant plein de violence, de rage, de tendresse, car, chez elle, incroyablement, l’enfance est toujours là.
Sans doute, l’enthousiasme, l’appétit, une capacité d’étonnement…
Eric-Emmanuel Schmitt